Entrer sur le marché canadien
Choisir sa province cible, tester le marché et profiter de l'AECG.
4 questions traitéesAu Canada, la fiscalité, la langue des affaires et le droit du travail changent d'une province à l'autre. Ces guides expliquent comment choisir une structure, quelles taxes facturer et comment envoyer un salarié sur place.
Allez directement au sujet qui vous concerne, ou lisez le guide complet ci-dessous.
Choisir sa province cible, tester le marché et profiter de l'AECG.
4 questions traitéesConstitution fédérale ou provinciale, filiale ou succursale.
4 questions traitéesQuelle taxe facturer, à qui, et à partir de quand s'inscrire.
4 questions traitéesDouane, règles d'origine, étiquetage et logistique.
3 questions traitéesVendre en ligne aux Canadiens et encaisser en dollars.
3 questions traitéesPermis de travail, détachement et sécurité sociale.
4 questions traitéesRéseaux publics, comptables, avocats et consultants.
3 questions traitées| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| TPS fédérale | 5 % | Agence du revenu du Canada |
| TPS + TVQ au Québec | 14,975 % | Agence du revenu du Canada |
| TVH en Ontario | 13 % | Agence du revenu du Canada |
| Seuil d'inscription à la TPS/TVH (petit fournisseur) | 30 000 $ CA | Agence du revenu du Canada |
| Administrateurs résidents exigés (société fédérale) | 25 % | Gouvernement du Canada |
S'implanter au Canada depuis la France, c'est aborder un marché anglophone et francophone, très proche des États-Unis, mais avec ses propres règles fiscales et juridiques. Ce guide pose les bases : comment le marché est organisé, comment profiter de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Canada, quelle structure choisir, quelles taxes facturer et comment envoyer vos équipes. Chaque partie renvoie vers une rubrique détaillée et vers les sources officielles.
Le Canada compte dix provinces et trois territoires. La population, d'un peu plus de 41 millions d'habitants, est concentrée le long de la frontière américaine. L'Ontario et le Québec réunissent à eux seuls environ six Canadiens sur dix, devant la Colombie-Britannique et l'Alberta.
La répartition des compétences est la première chose à comprendre, car elle détermine à quel guichet vous vous adressez :
| Sujet | Niveau compétent | Organisme de référence |
|---|---|---|
| Douane et importation | Fédéral | Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) |
| TPS, TVH, impôt fédéral | Fédéral | Agence du revenu du Canada (ARC) |
| Permis de travail | Fédéral (avec le Québec pour son territoire) | IRCC |
| Taxes de vente provinciales (TVQ, TVP) | Provincial | Revenu Québec, ministères des finances provinciaux |
| Droit du travail, salaire minimum, congés | Provincial (sauf secteurs fédéraux) | Normes du travail de chaque province |
| Immatriculation des entreprises | Fédéral et provincial | Corporations Canada, registres provinciaux |
En pratique, on s'implante dans une province, puis on s'étend. Choisissez la province de départ en fonction de votre secteur, de votre langue de travail et de vos clients. Le Québec offre un marché francophone et des réseaux franco-québécois actifs ; Toronto concentre la finance et les sièges sociaux ; Vancouver et Calgary sont tournées vers l'Asie-Pacifique, les technologies et l'énergie. Notre rubrique Entrer sur le marché canadien détaille ces choix, et le tableau des provinces résume langues et taxes.
L'Accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada, appliqué à titre provisoire depuis septembre 2017, a supprimé les droits de douane sur la très grande majorité des lignes tarifaires. Il ne s'applique toutefois qu'aux produits qui respectent ses règles d'origine : un produit simplement transité par la France, ou fabriqué surtout avec des composants non européens, peut ne pas en bénéficier.
Pour le détail des démarches douanières, consultez la rubrique Import-export et douanes.
Le bon mode d'entrée dépend de votre volume d'affaires prévu, du besoin d'une présence locale et de votre appétit pour les obligations administratives.
| Mode | Pour qui | Avantages | Points d'attention |
|---|---|---|---|
| Vente directe depuis la France | Tester le marché, e-commerce, services à distance | Aucune entité à créer | Inscription possible aux taxes de vente ; douane et retours à gérer |
| Agent ou distributeur | Produits avec réseau de distribution | Connaissance du marché, peu d'investissement | Dépendance au partenaire ; contrat à rédiger selon le droit applicable |
| Succursale | Activité régulière sans séparer le risque | Simplicité relative | Bénéfices imposés au Canada ; impôt de succursale (réduit par la convention fiscale) ; responsabilité de la société française |
| Filiale | Implantation durable, embauches locales | Société canadienne distincte, image locale, risque cantonné | Comptabilité et déclarations propres ; prix de transfert avec la maison mère |
Notre checklist d'implantation adapte la liste des démarches à chacun de ces modèles.
Une société peut être constituée au niveau fédéral (Corporations Canada) ou dans une province. La constitution fédérale protège la dénomination partout au Canada, mais la société doit ensuite s'enregistrer dans chaque province où elle exerce. Une société provinciale peut elle aussi s'enregistrer dans d'autres provinces (enregistrement extraprovincial).
Une fois la société constituée, prévoyez :
La rubrique Incorporation et structure détaille ces étapes.
Il n'existe pas de TVA unique au Canada. La TPS fédérale de 5 % s'applique partout ; cinq provinces l'ont fusionnée avec leur taxe dans une TVH (13 % à 15 %), tandis que le Québec, la Colombie-Britannique, le Manitoba et la Saskatchewan prélèvent une taxe provinciale distincte. L'Alberta et les territoires n'ont que la TPS. Le taux à facturer dépend en général du lieu de livraison, donc de la province du client.
Une entreprise doit s'inscrire à la TPS/TVH lorsqu'elle exploite une entreprise au Canada et dépasse le seuil des petits fournisseurs (30 000 $ de ventes taxables sur quatre trimestres consécutifs). Des régimes simplifiés visent aussi les entreprises non résidentes qui vendent des services ou produits numériques à des consommateurs canadiens, au niveau fédéral comme au Québec. Le comparatif TVA / TPS résume l'essentiel.
Une société canadienne paie l'impôt fédéral et l'impôt de sa province. Le taux général combiné se situe approximativement entre 23 % et 31 % selon la province. Le taux réduit pour petites entreprises est réservé aux sociétés privées sous contrôle canadien : une filiale détenue par une société française n'y a normalement pas accès, un point souvent oublié dans les business plans.
La convention fiscale entre la France et le Canada encadre l'imposition des bénéfices, des dividendes versés à la maison mère et des salariés détachés. Faites valider votre schéma par un fiscaliste présent dans les deux pays avant de constituer la société.
Pour aller plus loin : Fiscalité des entreprises et E-commerce et banque.
Envoyer un collaborateur français au Canada suppose presque toujours un permis de travail. Les voies les plus utilisées par les entreprises françaises sont la mutation intra-entreprise, le programme Jeunes professionnels d'Expérience internationale Canada (18 à 35 ans), la Mobilité francophone pour un poste hors du Québec, et le permis appuyé par une étude d'impact sur le marché du travail (EIMT). Notre assistant visa aide à repérer la bonne voie selon le profil.
La France a signé un accord de sécurité sociale avec le Canada, et une entente distincte avec le Québec. Sous conditions et pour une durée limitée, un salarié détaché peut rester affilié au régime français et être dispensé des cotisations canadiennes équivalentes. Au-delà, la paie canadienne s'applique : retenues d'impôt, régime de retraite (RPC ou RRQ au Québec), assurance-emploi, assurance parentale au Québec et, dans plusieurs provinces, une cotisation santé à la charge de l'employeur.
Les congés, préavis et heures supplémentaires relèvent du droit de chaque province. Le comparateur de salaire montre ce qu'un salaire brut canadien représente en net pour votre salarié. Tous les détails dans Recrutement et détachement.
| Phase | Contenu | Durée indicative |
|---|---|---|
| Validation | Province cible, prix, concurrence, normes produit | 1 à 3 mois |
| Structuration | Choix de la structure, avis fiscal, constitution, NE/NEQ | 2 à 6 semaines |
| Opérations | Banque, inscriptions aux taxes, douane, assurance | 1 à 2 mois |
| Équipe | Permis de travail, détachement, paie | Variable selon le permis : de quelques semaines à plusieurs mois |
Ces durées sont des ordres de grandeur observés, pas des délais officiels : les délais de traitement des permis sont publiés et mis à jour par IRCC. Commencez par les démarches les plus longues (permis de travail, banque) en parallèle de la structuration.
La checklist d'implantation reprend ces phases tâche par tâche, filtrées selon votre modèle d'entrée.
Une feuille de route adaptée à votre modèle, avec suivi de progression.
Mis à jour le 13 octobre 2026À retenir : Le taux dépend de la province du client : une entreprise doit souvent gérer plusieurs taux.
À retenir : Hors Québec, un bon niveau d'anglais est presque toujours indispensable pour travailler.
À retenir : Ajoutez mentalement les taxes de la province à chaque prix affiché.