Deux personnes se serrent la main au-dessus d’un bureau
Pour les entreprises

S’implanter au Canada : aides publiques, consultants et experts

Team France Export et Bpifrance en France, agences d’investissement au Canada : qui vous aide, comment vérifier un consultant, quand payer un CPA ou un avocat.

Mis à jour le Publié par Thomas Tremblay© Cytonn Photography / Unsplash

L'essentiel en bref

Pour vous implanter au Canada, commencez par le conseiller Team France Export de votre région, qui vous oriente vers Business France et la CCI française au Canada ; Bpifrance peut avancer 50 à 65 % de vos dépenses de prospection. Côté canadien, les délégués commerciaux et les agences provinciales aident les entreprises étrangères qui s’installent. Pour l’immigration, ne payez qu’un avocat ou un consultant inscrit au registre du CICC.

  • Premier contact : le conseiller international Team France Export de votre région, qui coordonne Business France, les CCI et Bpifrance.
  • L’assurance prospection Bpifrance avance 50 % de vos dépenses de prospection (65 % pour l’industrie), contre une prime de 3 % du budget garanti ; vous remboursez selon le chiffre d’affaires export réalisé.
  • Le Service des délégués commerciaux du Canada aide les entreprises étrangères qui s’implantent au Canada, pas celles qui veulent seulement y exporter.
  • Un représentant payé pour un dossier d’immigration doit être avocat, notaire du Québec ou consultant inscrit au CICC ; au Québec, le consultant doit en plus être reconnu par le ministère de l’Immigration. Vous pouvez aussi déposer seul : IRCC traite la demande de la même façon.
  • Le notaire n’existe au sens français qu’au Québec ; ailleurs, un avocat signe les achats immobiliers et un notary public se contente surtout de certifier des documents.

Votre premier interlocuteur est en France : le conseiller international Team France Export de votre région, qui vous oriente ensuite vers Business France au Canada, la chambre de commerce française sur place et Bpifrance. Bpifrance peut avancer 50 à 65 % de vos dépenses de prospectionSource : les-aides.fr. Côté canadien, des organismes publics aident aussi les entreprises étrangères, mais seulement si vous venez vous implanter, pas simplement vendre.

Ce qui suit s’adresse aux dirigeants de PME et d’ETI françaises qui envisagent le Canada, depuis le premier diagnostic jusqu’à la création d’une filiale. Pour les règles de fond (taxes, société, douane), voyez plutôt le guide pour choisir entre vendre depuis la France et s’implanter.

Qui vous accompagne côté français ?

Depuis 2019, l’accompagnement public à l’export est regroupé sous la bannière Team France Export, qui réunit les Régions, l’État, Business France, les CCI et Bpifrance. Votre conseiller régional fait le diagnostic, puis vous passe à l’équipe de Business France au Canada, présente à Montréal, Toronto et Vancouver. C’est elle qui organise les études de marché, les rendez-vous avec des acheteurs et les pavillons France sur les salons, en général sur devis. Pour rencontrer trois distributeurs à Toronto en une semaine, c’est à elle qu’il faut s’adresser.

Une fois sur place, la Chambre de commerce et d’industrie française au Canada (CCIFC), basée à Montréal, peut vous domicilier, accueillir votre volontaire international en entreprise (VIE) et vous aider à créer l’entité locale. Vous évitez ainsi de louer un bureau avant d’avoir un premier client. Une chambre française existe aussi à Toronto et dans l’Ouest canadien, plus logique pour un projet en Ontario ou à Vancouver, car Montréal n’est pas la porte d’entrée naturelle de ces marchés.

Reste l’argent. L’assurance prospection de Bpifrance avance une partie de vos dépenses de prospection (déplacements, salons, salaires dédiés, marketing, frais d’implantation) pendant 2 ou 3 ans, puis vous remboursez en fonction du chiffre d’affaires export réellement réalisé. Elle s’adresse aux entreprises de moins de 500 M€ de chiffre d’affairesSource : les-aides.fr, avec au moins un bilan de 12 mois.

L’assurance prospection Bpifrance en chiffres
FranceDépenses couvertes
50 %
65 % pour les entreprises industrielles ou engagées dans le verdissement
FrancePrime
3 %
Du budget garanti, déduite du premier versement
FranceRemboursement minimum
30 %
Si le CA export reste sous 3 fois l’avance reçue
FranceDurée totale
7 ou 9 ans
Prospection, franchise puis remboursement

Source : Fiche Assurance prospection (Bpifrance)

Les organismes canadiens aident-ils une entreprise française ?

Oui, à une condition qui surprend. Le Service des délégués commerciaux du Canada, le réseau d’Affaires mondiales Canada dans les ambassades, aide d’abord les entreprises canadiennes à exporter. Mais il a une seconde mission : attirer l’investissement étranger. Avec l’agence fédérale Investir au Canada, il aide une entreprise française qui veut ouvrir un site au Canada : informations sur le marché, choix de la ville, contacts avec les agences locales et programmes d’aide. Il ne fait rien, en revanche, pour une entreprise qui veut seulement exporter vers le Canada : ce rôle revient à Business France.

Chaque province a aussi son agence d’attraction des investissements, avec la même logique : elle vous reçoit d’autant mieux que votre projet crée des emplois sur place. Au Québec, c’est Investissement Québec International, qui accompagne l’installation puis l’expansion et peut proposer du financement. L’Ontario a Invest Ontario, l’Alberta Invest Alberta et la Colombie-Britannique Trade and Invest British Columbia. À l’échelle d’une métropole, des agences comme Montréal International font le même travail pour leur région.

Qui appeler pour quoi
Point comparéFranceCanada
Diagnostic et stratégieConseiller Team France Export en régionDélégués commerciaux du Canada (si projet d’implantation)
Étude de marché, rendez-vousBusiness FranceAgence provinciale d’investissement
FinancementBpifrance (assurance prospection, prêts export)Programmes provinciaux, selon les emplois créés
Bureau, domiciliation, VIECCI française au CanadaAgences locales de développement économique
Société, fiscalité, contratsExpert-comptable et avocat en FranceCPA, avocat, notaire au Québec

À retenir : Commencez côté français pour la stratégie et le financement ; les organismes canadiens prennent le relais quand vous décidez d’ouvrir un site sur place.

Comment vérifier un consultant en immigration ?

Dès que vous envoyez un salarié ou un dirigeant au Canada, vous croiserez des « consultants » qui proposent de monter le dossier de permis. Pour IRCC, le ministère fédéral de l’Immigration, seules trois catégories de personnes peuvent être payées pour vous représenter : les avocats membres du barreau d’une province (et les parajuristes inscrits au barreau de l’Ontario), les notaires de la Chambre des notaires du Québec, et les consultants réglementés inscrits au Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC). IRCC refuse de traiter avec un représentant rémunéré qui n’en fait pas partie. Pour savoir quel permis demander pour votre salarié, voyez le guide sur le détachement d’un salarié.

Le Québec ajoute une règle : un consultant payé pour un dossier d’immigration québécois doit aussi être reconnu par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et figurer au registre québécois des consultants. Une licence du CICC ne suffit donc pas. Les avocats du Barreau du Québec et les notaires québécois en sont dispensés, mais un avocat d’une autre province a besoin d’une autorisation spéciale.

Rien ne vous oblige pour autant à payer quelqu’un. IRCC traite une demande déposée seul exactement comme celle d’un représentant, ses formulaires sont gratuits sur son site, et un proche peut vous aider bénévolement. Si vous prenez un représentant, méfiez-vous de ses « partenaires » : une agence non réglementée qui dit travailler avec un consultant inscrit reste une agence non réglementée. Le CICC recommande de contacter le consultant vous-même, avec les coordonnées affichées dans son registre public, jamais celles fournies par un intermédiaire.

Vérifier un représentant en immigration en 10 minutes

  1. Demandez son numéro de membre

    Coût : Gratuit

    Numéro du CICC (il commence par R), ou numéro de membre du barreau ou de la Chambre des notaires.

  2. Cherchez-le dans le registre public

    Quand : 5 minutes

    Registre des titulaires de licence du CICC pour un consultant, annuaire du barreau de la province pour un avocat. Le statut doit être « actif » ; le registre signale aussi les permis limités et les sanctions disciplinaires.

    Représentants autorisés (IRCC) →
  3. Au Québec, vérifiez aussi le registre québécois

    Pour un dossier d’immigration québécois, le consultant doit être reconnu par le MIFI.

    Consultants en immigration (Québec.ca) →
  4. Exigez un contrat écrit

    Quand : Avant tout paiement

    Honoraires, étapes couvertes, frais gouvernementaux à part. Le représentant signe le formulaire IMM 5476 joint à votre demande.

Quand faut-il un comptable CPA, un avocat ou un notaire ?

Le comptable canadien porte le titre de CPA (comptable professionnel agréé), protégé par un ordre dans chaque province : l’Ordre des CPA du Québec, CPA Ontario, CPA British Columbia, CPA Alberta. Il devient indispensable dès que vous avez une obligation fiscale au Canada : inscription à la TPS, paie, déclaration de société (T2) et, en filiale, la facturation entre la maison mère et la filiale. Votre expert-comptable en France ne peut pas signer côté canadien, et vous aurez besoin des deux.

Faites-le intervenir avant de choisir entre filiale et succursale, et choisissez-en un qui a l’habitude des groupes français : c’est votre structure qui décide, selon la convention fiscale, où vos bénéfices et vos salariés détachés sont imposés, et ce choix se corrige mal après coup. Les bases des taxes de vente sont dans le guide sur la TPS, la TVH et la TVQ.

L’avocat rédige les statuts et les conventions entre actionnaires, les contrats de travail et de distribution et le bail commercial. Il vérifie aussi vos conditions de vente au regard de la loi sur la protection du consommateur de chaque province. Vous pouvez constituer une société en ligne vous-même, mais une filiale mal structurée coûte plus cher à corriger qu’à créer correctement : le guide pour créer une filiale ou une succursale au Canada explique les choix à faire.

Le vrai piège pour un Français est le mot notaire. Au Québec, qui suit le droit civil comme la France, le notaire est un juriste proche du vôtre : il rédige des actes authentiques, il est obligatoire pour signer une hypothèque immobilière et peut conseiller une entreprise. Dans les autres provinces, de common law, un « notary public », souvent lui-même avocat, sert surtout à certifier des signatures et des copies. L’achat de vos locaux passe par un avocat. La Colombie-Britannique fait exception avec des notaires qui traitent aussi les transactions immobilières simples.

Combien coûte l’accompagnement ?

Le premier rendez-vous avec votre conseiller régional, comme celui avec une agence d’investissement canadienne, sert à vous orienter. Ce qui se paie, ce sont les prestations qui suivent : Business France et les chambres de commerce facturent leurs études, rendez-vous d’affaires et salons sur devis, et les avocats, CPA et consultants travaillent à l’heure ou au forfait. Demandez un devis écrit par étape et comparez au moins deux cabinets, en sachant que les frais gouvernementaux s’ajoutent toujours aux honoraires : en 2026, par exemple, 155 $ CA pour un permis de travail et 230 $ CA de frais de conformité pour l’employeur.

Prenons une PME de services (exemple fictif) qui prévoit 100 000 € de dépenses de prospection sur 2 ans au Canada et obtient l’assurance prospection sur ce budget. Hypothèses : entreprise non industrielle (couverture de 50 %), dépenses réalisées en totalité.

Elle reçoit 50 000 € d’avance et paie 3 000 € de prime. Si ses ventes au Canada restent modestes (moins de 150 000 €, soit 3 fois l’avance), elle ne rembourse que le minimum de 30 %, 15 000 € : Bpifrance a pris en charge 32 000 € de son échec, prime déduite. Si au contraire elle réalise au moins 500 000 € de ventes export (10 fois l’avance), elle rembourse les 50 000 €, et l’assurance lui a coûté 3 000 € pour une avance de trésorerie de deux ans.

Avant d’appeler qui que ce soit, passez votre projet dans la checklist d’implantation au Canada : elle range les démarches dans l’ordre, et vous saurez quoi demander à chaque interlocuteur.

Questions fréquentes

Business France est-il gratuit ?

Le premier contact avec votre conseiller Team France Export en région sert à vous orienter ; les prestations sur le marché canadien (études, rendez-vous, salons) sont en général payantes, sur devis.

Un consultant inscrit au CICC peut-il traiter un dossier pour le Québec ?

Seulement s’il est aussi reconnu par le ministère de l’Immigration du Québec et inscrit au registre québécois. Pour les démarches fédérales (permis de travail), la licence du CICC suffit.

Ai-je besoin d’un avocat pour créer une société au Canada ?

Ce n’est pas obligatoire : la constitution se fait en ligne. Un avocat reste utile pour les statuts, les conventions entre actionnaires et la structure entre la maison mère et la filiale.

Mon expert-comptable français peut-il faire ma comptabilité canadienne ?

Il peut suivre la consolidation côté France, mais les déclarations canadiennes (TPS, paie, déclaration de société) relèvent des règles canadiennes : un CPA sur place est presque toujours nécessaire.

Peut-on obtenir l’assurance prospection pour le seul Canada ?

Oui, le budget couvre la zone de prospection que vous définissez. Elle est réservée aux entreprises françaises de moins de 500 M€ de chiffre d’affaires, avec au moins un bilan de 12 mois.

Faites le calcul

Checklist implantation

Trois questions sur votre projet, puis les seules tâches qui vous concernent, expliquées pas à pas avec leurs sources officielles.

Ouvrir l'outil

Sources officielles (9)

  1. Qui sommes-nous (Team France Export)
  2. Assurance prospection (fiche Bpifrance) (Bpifrance / les-aides.fr (CCI))
  3. Our mandate (Service des délégués commerciaux du Canada)
  4. Use of representatives : compensated representatives (IRCC)
  5. Qui doit obtenir la reconnaissance comme consultant en immigration (Gouvernement du Québec)
  6. Notre mission (Chambre de commerce et d’industrie française au Canada)
  7. About us (Investissement Québec International)
  8. Immobilier : le rôle du notaire (Éducaloi)
  9. Lancement de la CCI française Ouest-Canada, à Vancouver (Chambre de commerce et d’industrie française au Canada)