L'essentiel en bref
Avec une offre d’emploi ou une invitation au PVT, cinq démarches passent avant tout : obtenir le permis (plus le CAQ pour un emploi avec EIMT au Québec), rassembler vos actes et diplômes, couvrir les premières semaines sans assurance maladie provinciale, prévoir de l’argent accessible au Canada et réserver un logement temporaire. Sur place, demandez votre NAS à Service Canada dès les premiers jours, puis la carte santé de votre province.
- Le NAS est gratuit ; en ligne, comptez environ 5 jours ouvrables, et vous pouvez travailler dès que la demande est déposée.
- Délai de carence : jusqu’à 3 mois au Québec et en Colombie-Britannique, aucun en Ontario et en Alberta ; le formulaire SE 401-Q de la CPAM le supprime au Québec pour un salarié français, pas pour un PVTiste.
- PVT : au moins 2 500 $ CA de fonds et une assurance couvrant tout le séjour, vérifiés à l’arrivée.
- IRCC accepte vos actes français tels quels : pas de traduction, et pas d’apostille pour une demande de permis.
- Votre historique de crédit repart de zéro : ouvrez un compte et une carte de crédit dès la première semaine.
Avant de partir au Canada, avec une offre d’emploi ou en PVT, cinq démarches passent avant tout le reste : le permis, vos papiers, l’assurance maladie des premières semaines, l’argent accessible sur place et un logement temporaire. Résilier, transférer et prévenir se règlent ensuite dans les deux derniers mois. Une fois au Canada, la première semaine sert à obtenir votre numéro d’assurance sociale (NAS). Vous pouvez commencer un emploi autorisé pendant le traitement du NAS : demandez-le dans les trois jours suivant le début du travail et transmettez-le à l’employeur dans les trois jours suivant sa réception.
Cette checklist concerne les Français qui partent travailler avec une offre ou faire un PVT (permis vacances-travail), seuls ou en famille ; chaque étape précise ce qui change pour un PVTiste. Si vous n’avez pas encore choisi votre permis, commencez par le guide Partir vivre au Canada : quelles options pour un Français ? ; si vous partez trois semaines en vacances, l’AVE suffit et rien de ce qui suit ne vous concerne.
Avec une offre ou en PVT : les 5 démarches à faire en priorité
Ces cinq points ont des délais que vous ne maîtrisez pas : une décision d’IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le ministère fédéral de l’immigration), un formulaire de la CPAM, un virement international. Lancez-les dans cet ordre, dès l’offre signée ou dès l’invitation au PVT reçue.
Les 5 priorités, de l’offre ou de l’invitation au départ
Obtenir le bon permis de travail
En PVT : acceptez l’invitation, payez les frais et déposez la demande dans les délais. Avec une offre hors Québec, si vous parlez français, vous passez par Mobilité francophone : l’employeur dépose l’offre et paie 230 $. Avec une offre au Québec : votre employeur obtient une EIMT, puis vous demandez le CAQ (certificat d’acceptation du Québec) et le permis fédéral. Dans tous les cas, ne démissionnez pas avant la lettre d’introduction d’IRCC.
Mobilité francophone (IRCC) →Rassembler les documents originaux
Passeport valide pour toute la durée prévue, actes d’état civil, diplômes, contrat de travail ou, en PVT, preuve de fonds et attestation d’assurance : la liste complète est plus bas.
Couvrir le trou d’assurance maladie
La carte santé provinciale peut mettre jusqu’à trois mois à vous couvrir. Pour un emploi salarié au Québec, demandez à votre CPAM le formulaire SE 401-Q-207, qui supprime ce délai. Ailleurs, prenez une assurance privée pour les premiers mois ; en PVT, elle est obligatoire et doit couvrir tout le séjour.
Préparer l’argent des premières semaines
Gardez votre compte français, emportez une carte sans frais à l’étranger et prévoyez de quoi tenir jusqu’à la première paie, souvent versée toutes les deux semaines. En PVT, gardez au moins 2 500 $ CA disponibles et prouvables à l’arrivée.
Réserver un logement temporaire
Deux à quatre semaines en meublé, le temps de visiter. Ne signez pas de bail ni ne versez d’argent pour un appartement que personne n’a vu pour vous.
Le permis lui-même n’existe pas encore quand vous partez : vous voyagez avec la lettre d’introduction d’IRCC, et c’est l’agent de l’ASFC (Agence des services frontaliers du Canada, la douane) qui imprime votre permis à l’aéroport d’arrivée. Vérifiez sur-le-champ le nom de l’employeur, la date d’expiration et les conditions : une erreur se corrige beaucoup plus facilement au guichet que des mois plus tard.
Quels documents rassembler avant de partir ?
IRCC accepte les documents rédigés en français ou en anglais : vos actes français n’ont pas besoin de traduction. Le Canada applique la convention Apostille depuis le 11 janvier 2024, mais IRCC ne vous demandera pas d’apostille pour une demande de permis ; ne la faites que si un organisme précis l’exige, un ordre professionnel par exemple.
Le dossier à emporter, en originaux
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Pour le PVT, l’assurance est vérifiée à l’arrivée : un contrat trop court peut vous valoir un permis limité à sa durée. Le guide sur l’assurance voyage et PVT détaille les garanties à exiger.
Que faut-il résilier ou transférer en France ?
En partant, vous cessez d’être résident en France pour la Sécurité sociale et, en général, pour les impôts. Rien ne se fait automatiquement : chaque organisme doit être prévenu, et certains contrats ont un préavis qui coûte cher si on l’oublie.
Côté France, dans les deux derniers mois
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Gardez votre compte bancaire français, mais prévenez votre banque de votre changement de résidence : certaines modifient leurs conditions pour les non-résidents. L’année du départ est aussi celle où l’on se trompe le plus souvent de déclaration ; le guide sur les impôts l’année du départ explique quoi déclarer en France et au Canada.
Pour la retraite, rien n’est perdu : un accord de sécurité sociale entre la France et le Canada (et une entente distincte avec le Québec) permet d’additionner vos périodes de cotisation dans les deux pays au moment de liquider vos droits.
Combien d’argent prévoir pour les premiers mois ?
Le minimum officiel dépend du permis. Pour un PVT, c’est 2 500 $ CA sur un compteSource : IRCC, à montrer à l’arrivée. Pour la résidence permanente par Entrée express, un candidat seul doit justifier de 15 263 $Source : IRCC (montant fixé en juillet 2025), sauf s’il a déjà un emploi au Canada. Un permis lié à une offre d’emploi n’impose pas de montant fixe, mais l’agent peut vous demander comment vous vivrez jusqu’à la première paie.
Ces minimums couvrent mal la réalité, et le poste le plus lourd est le logement. Selon l’enquête d’octobre 2025 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), un deux-chambres coûte en moyenne 2 034 $ par mois dans la région de TorontoSource : SCHL et 1 346 $ à Montréal. Cette moyenne inclut les locataires installés depuis des années : un logement libre, celui que vous louerez en arrivant, se loue nettement plus cher. Le guide pour louer un logement au Canada détaille ce qu’on vous demandera ville par ville.
Ajoutez à cela le décalage de la première paie : beaucoup d’employeurs paient toutes les deux semaines, à terme échu, si bien qu’un mois peut passer avant le premier versement, et en PVT il faut d’abord trouver le poste. Avant de signer, passez votre salaire au comparateur de salaire France–Canada pour connaître le net réel et le comparer à vos loyers.
Que faire pendant votre première semaine au Canada ?
Commencez par demander le NAS. Vous pouvez commencer un emploi autorisé pendant le traitement du NAS : demandez-le dans les trois jours suivant le début du travail et transmettez-le à l’employeur dans les trois jours suivant sa réception.
Votre première semaine, dans l’ordre
Demander votre NAS
Le numéro d’assurance sociale ressemble à votre numéro de Sécu, mais il sert surtout à l’emploi et aux impôts. En personne dans un bureau de Service Canada ou en ligne, avec votre permis et votre passeport. Le vôtre commencera par 9 et expirera avec votre permis.
NAS pour résidents temporaires (Service Canada) →Vous inscrire à l’assurance maladie de la province
RAMQ au Québec, OHIP en Ontario, MSP en Colombie-Britannique, AHCIP en Alberta. Inscrivez-vous même si un délai de carence s’applique : il ne court qu’à partir de votre demande ou de votre arrivée.
Ouvrir un compte bancaire
Passeport et permis suffisent en général. Demandez une carte de crédit dès l’ouverture pour commencer votre historique.
Prendre un numéro de téléphone canadien
Employeurs et propriétaires vous rappelleront sur un numéro local.
Fixer une adresse et lancer l’échange du permis
Votre adresse sert à la carte santé, à la banque et à l’échange du permis français, à faire dans un délai court qui varie selon la province.
Votre NAS est confidentiel : donnez-le à votre employeur, à votre banque et à l’administration, pas à un propriétaire qui vous le demande pour une enquête de crédit. Pour le téléphone, le guide téléphone, SIM et eSIM au Canada compare les options du premier mois.
Québec, Ontario, Colombie-Britannique, Alberta : ce qui change à l’arrivée
Le Canada est une fédération : l’immigration et le NAS sont fédéraux, mais l’assurance maladie, le permis de conduire et le logement relèvent de chaque province, un peu comme si chaque région française avait sa propre Sécu et son propre code de la route.
- Québec : la RAMQ applique un délai de carence pouvant aller jusqu’à trois mois, supprimé pour les salariés, étudiants et stagiaires français qui présentent le bon formulaire SE 401-QSource : RAMQ, mais pas pour les PVTistes. Le CAQ s’ajoute au permis fédéral pour un emploi avec EIMT ou des études.
- Ontario : plus de délai de carence pour l’OHIP ; l’inscription se fait en personne dans un centre ServiceOntario. Le propriétaire peut exiger le dernier mois de loyer en dépôt.
- Colombie-Britannique : le MSP vous couvre après le reste du mois d’arrivée plus deux mois ; prévoyez une assurance privée pour cette période.
- Alberta : pas de délai de carence pour l’AHCIP si votre permis vous rend admissible ; inscrivez-vous dès que vous avez une adresse.
Les délais et les formulaires de chaque province sont détaillés dans le guide sur l’assurance maladie et le délai de carence, et la suite de l’installation, du permis de conduire au premier bail, dans l’étape « J’arrive ». Commencez par l’assurance maladie : c’est la démarche qui coûte le plus cher si on la rate.
Questions fréquentes
Faut-il faire traduire ses documents français pour IRCC ?
Non. IRCC accepte les documents en français ou en anglais. Une traduction certifiée n’est nécessaire que pour un document rédigé dans une autre langue.
Peut-on travailler avant d’avoir reçu son NAS ?
Oui. Service Canada indique que vous pouvez commencer à travailler dès que vous avez fait la demande ; donnez le numéro à votre employeur dès réception.
Puis-je garder la Sécurité sociale française en vivant au Canada ?
Pas automatiquement. L’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger prolonge une couverture de type Sécurité sociale, à vos frais ; elle complète ou remplace une assurance privée en attendant la carte santé provinciale.
Le registre consulaire est-il obligatoire ?
Non, mais il est gratuit, se fait en ligne et dure 5 ans. Il simplifie le renouvellement des papiers, l’inscription sur les listes électorales et permet au consulat de vous joindre en cas d’urgence.
