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Pour s'installer et travailler

Partir vivre au Canada : quelles options pour un Français ?

PVT de 18 à 35 ans, Mobilité francophone hors Québec, EIMT, études, Entrée express, PSTQ ou PEQ au Québec : conditions, âge, langue et famille pour chaque voie.

Mis à jour le Publié par Thomas Tremblay© Jason Hafso / Unsplash

L'essentiel en bref

Pour vivre au Canada, un Français a quatre options : le PVT de 18 à 35 ans (24 mois, tirage au sort), un permis lié à une offre d’emploi (Mobilité francophone hors Québec, Jeunes professionnels ou EIMT), le permis d’études, et la résidence permanente, par Entrée express au fédéral ou par le PSTQ et le PEQ au Québec. Le Québec ajoute un CAQ pour le travail avec EIMT et les études.

  • Le PVT est ouvert aux Français de 18 à 35 ans : 24 mois, n’importe quel employeur, 369,75 $ CA de frais et 2 500 $ CA de fonds, mais l’invitation est tirée au sort, dans la limite du quota annuel fixé pour la France.
  • Avec une offre hors Québec, Mobilité francophone évite l’EIMT, sans limite d’âge ; il faut un français oral de niveau NCLC 5.
  • Une offre au Québec passe par une EIMT et un CAQ, même pour un francophone : Mobilité francophone ne s’y applique pas.
  • Entrée express exige 15 263 $ de fonds pour une personne seule, sauf dans la catégorie de l’expérience canadienne.
  • Au Québec, le PEQ est réactivé depuis le 2 juillet 2026, mais seulement pour ceux qui étaient admissibles au 19 novembre 2025 ; première période de dépôt jusqu’au 31 octobre 2026.

Un Français a quatre façons de s’installer au Canada. Entre 18 et 35 ans, le PVT donne un permis ouvert de 24 mois, attribué par tirage au sort. Avec une offre d’emploi, trois permis sont possibles : Mobilité francophone hors Québec, Jeunes professionnels ou un permis avec EIMT. Restent le permis d’études et la résidence permanente, obtenue par Entrée express au fédéral, ou par le PSTQ et le PEQ au Québec.

Ce qui suit concerne les Français, y compris les binationaux qui n’ont pas la citoyenneté canadienne. Si vous venez seulement en vacances, l’AVE suffit, mais elle ne permet jamais de travailler. Pour vous installer, en revanche, vous aurez affaire à deux administrations, car l’immigration est partagée entre Ottawa et le Québec. IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le ministère fédéral) délivre les permis et la résidence permanente partout ; le Québec choisit lui-même ses immigrants permanents et exige, pour certains séjours temporaires, son propre certificat, le CAQ.

Quelles sont vos options pour partir vivre au Canada ?

Quatre questions suffisent pour trouver votre point de départ : votre âge, l’existence d’une offre d’emploi, la province visée et votre envie de rester pour de bon. Pour comparer avec la France, un permis de travail canadien ressemble à un titre de séjour salarié, souvent attaché à un employeur ; la résidence permanente se rapproche de la carte de résident de dix ans : vous vivez et travaillez où vous voulez, sans être citoyen.

Trouver votre point de départ en quatre questions

  1. Avez-vous entre 18 et 35 ans ?

    Quand : Dès l’ouverture de la saisonCoût : Gratuit, puis 369,75 $ si vous êtes invité

    Inscrivez-vous au bassin du PVT : c’est le permis le plus souple, sans employeur imposé. L’inscription est gratuite ; il faut ensuite être tiré au sort.

    Expérience internationale Canada (IRCC) →
  2. Avez-vous une offre d’emploi hors Québec ?

    Quand : Après l’offreCoût : 155 $ + 85 $ de biométrie

    Si vous parlez français, Mobilité francophone dispense votre employeur de l’EIMT, quel que soit votre âge.

    Mobilité francophone (IRCC) →
  3. Votre emploi ou vos études sont-ils au Québec ?

    Quand : Avant la demande fédérale

    Comptez un CAQ en plus du permis fédéral, sauf pour le PVT.

  4. Voulez-vous rester pour de bon ?

    Quand : Souvent après 1 an au Canada

    Visez la résidence permanente : Entrée express hors Québec, PSTQ ou PEQ au Québec. Un an d’expérience qualifiée au Canada pèse lourd dans les deux cas.

    Entrée express (IRCC) →

Si deux réponses se croisent, par exemple une offre à Montréal à 34 ans, le questionnaire Quel visa pour le Canada ? liste les permis possibles pour votre profil. La page Visas, PVT et résidence permanente réunit ensuite les guides de chaque voie.

Le PVT : pour qui, à quelles conditions ?

Le programme vacances-travail (PVT) d’Expérience internationale Canada est un permis ouvert : vous travaillez pour qui vous voulez, partout au Canada, Québec compris et sans CAQ, pendant 24 mois au maximum pour un Français. Vous vous inscrivez gratuitement dans un bassin, puis IRCC tire au sort les candidats invités à déposer leur demande.

  • Âge : 18 à 35 ans inclus au moment de l’invitation.
  • Fonds : au moins 2 500 $ CA sur un compteSource : IRCC, plus un billet retour ou de quoi l’acheter.
  • Assurance : maladie, hospitalisation et rapatriement pour toute la durée du séjour, vérifiée à l’arrivée.
  • Un seul PVT : vous pouvez participer deux fois à Expérience internationale Canada, par exemple un PVT puis Jeunes professionnels, mais jamais faire deux PVT.
  • Sans personne à charge : le PVT ne couvre ni conjoint ni enfants.
Le PVT en chiffres, saison 2026
FranceÂge pour un Français
18 à 35 ans
Au moment de l’invitation
CanadaDurée maximale du permis
24 mois
Non renouvelable
CanadaFrais à payer après l’invitation
369,75 $
Participation, permis ouvert et biométrie

Source : IRCC, Expérience internationale Canada

Vous ne payez rien pour vous inscrire ; les frais arrivent seulement si vous êtes invité :

Ce que coûte la demande de PVTTotal369,75 $
  • Frais de participation EIC184,75 $50 % part du total
  • Permis de travail ouvert100 $27 % part du total
  • Données biométriquesPas à repayer si vous les avez données depuis moins de 10 ans85 $23 % part du total

Frais en vigueur en octobre 2026, payés seulement après l’invitation. Ajoutez la preuve de fonds de 2 500 $ CA et une assurance couvrant tout le séjour.

Source : IRCC, Expérience internationale Canada

Le PVT est individuel : un couple fait deux inscriptions et peut être tiré au sort à des moments différents, ce qui peut obliger l’un à partir avant l’autre.

La saison 2026 se termine en octobre, et les quotas comme le calendrier 2027 ne sont pas encore publiés. Inscrivez-vous dès l’ouverture du bassin. Une fois invité, souscrivez l’assurance, qui sera vérifiée à l’arrivée. Le guide sur l’assurance voyage et PVT détaille les garanties exigées.

Avec une offre d’emploi : Mobilité francophone, Jeunes professionnels ou EIMT

Hors PVT, la plupart des permis de travail sont fermés : ils portent le nom de l’employeur. En principe, celui-ci doit d’abord obtenir une étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), qui prouve qu’aucun Canadien n’était disponible ; elle lui coûte 1 000 $ par poste et des mois d’attente.

Les conditions de ces permis reposent sur deux échelles canadiennes. Le niveau FEER classe les emplois selon la formation qu’ils demandent, de 0 pour les cadres à 5 pour les postes sans qualification. Les NCLC (niveaux de compétence linguistique canadiens, de 1 à 12) mesurent votre français ou votre anglais, et un test TEF Canada ou TCF Canada est la preuve la plus sûre pour le français. Avec ces repères, trois permis sont possibles, dont deux qui dispensent votre employeur de l’EIMT.

  • Mobilité francophone : pour un emploi hors Québec, dans presque tous les métiers, sauf les emplois agricoles primaires de niveau FEER 4 ou 5. Il faut un français oral de niveau NCLC 5 au moinsSource : IRCC. Pas de limite d’âge ni de quota : l’employeur dépose l’offre sur le portail d’IRCC et paie 230 $, vous payez 155 $.
  • Jeunes professionnels (Expérience internationale Canada) : 18 à 35 ans, une offre dans votre domaine qui fait progresser votre carrière, partout au Canada. Comme pour le PVT, il faut être tiré au sort ; l’employeur paie 230 $.
  • Permis avec EIMT : la voie par défaut, sans condition d’âge ni de langue, mais la plus lourde pour l’employeur. Au Québec, elle s’accompagne d’un CAQ.

Pour la famille, les règles se sont durcies le 21 janvier 2025Source : IRCC. Le conjoint d’un travailleur n’obtient un permis ouvert que si ce travailleur occupe un emploi de niveau FEER 0 ou 1 (cadres et professions exigeant un diplôme universitaire) ou certains emplois FEER 2 et 3, avec un permis encore valable au moins 16 mois. Les enfants à charge n’ont plus droit à un permis de travail ouvert ; ils peuvent en revanche être scolarisés.

Une fois l’offre en main, reste à savoir ce qu’elle vaut après impôt. Le guide pour travailler au Canada décortique les fiches de paie et la recherche d’emploi depuis la France, et le comparateur de salaire France–Canada fait le calcul pour votre province.

Partir étudier : le permis d’études

Le permis d’études s’adresse à ceux qui ont été admis dans un établissement d’enseignement désigné. Hors Québec, il faut aussi, dans la plupart des cas, une lettre d’attestation de la province ; au Québec, c’est le CAQ pour études. Pour une demande déposée depuis le 1er septembre 2026, IRCC exige de prouver 23 448 $ de fonds pour une personne seule hors QuébecSource : IRCC, en plus des frais de scolarité de la première année et du voyage ; le Québec fixe ses propres montants.

Pendant les sessions, vous pouvez travailler jusqu’à 24 heures par semaine hors campus. Votre conjoint n’obtient un permis de travail ouvert que si vous suivez une maîtrise d’au moins 16 mois, un doctorat ou certains programmes professionnels.

Si vous hésitez sur la province, le Québec a un avantage réservé aux Français : grâce à une entente France–Québec, vous y payez des droits de scolarité bien inférieurs à ceux des autres étudiants étrangers.

Rester pour de bon hors Québec : Entrée express

Hors Québec, la résidence permanente passe surtout par Entrée express. Vous créez un profil en ligne, recevez un score (le système de classement global, ou SCG) selon votre âge, vos diplômes, votre expérience et vos langues, puis IRCC invite les meilleurs profils lors de tirages réguliers. Les provinces sélectionnent aussi des candidats par leurs propres programmes de candidats, qui ajoutent des points au profil.

Si vous n’avez pas encore travaillé au Canada, vous passerez par la catégorie des travailleurs qualifiés (fédéral). Il vous faudra un an d’expérience qualifiée continue, le niveau NCLC 7 en français ou en anglais, et des fonds : 15 263 $ pour une personne seuleSource : IRCC, montant fixé en juillet 2025.

Si vous avez déjà travaillé un an dans un emploi qualifié au Canada au cours des trois dernières années, la catégorie de l’expérience canadienne vous dispense de cette preuve de fonds. Le niveau de langue dépend alors du poste : NCLC 7 pour un emploi FEER 0 ou 1, NCLC 5 pour FEER 2 ou 3.

Il n’y a pas de limite d’âge, mais le score baisse après 30 ans et les points d’âge tombent à zéro à 45 ans. Le français, lui, joue en votre faveur : il rapporte des points supplémentaires et donne accès à des tirages réservés aux candidats francophones, souvent avec un score requis plus bas.

Votre famille part avec vous : le conjoint et les enfants à charge de moins de 22 ans sont inclus dans la demande. Les diplômes et la langue du conjoint entrent aussi dans le score.

Le chemin le plus courant pour un Français passe donc par un permis temporaire : un an de travail qualifié pendant un PVT ou avec Mobilité francophone ouvre la catégorie de l’expérience canadienne. Les scores des tirages changent chaque mois : consultez-les sur la page officielle d’Entrée express plutôt que sur un forum.

Vivre au Québec : CAQ, CSQ, PSTQ et le retour du PEQ

Au Québec, la résidence permanente se fait en deux temps : le ministère québécois de l’Immigration vous sélectionne et délivre un certificat de sélection du Québec (CSQ), puis IRCC fait passer l’examen médical et les vérifications de sécurité avant d’accorder la résidence permanente. Entrée express ne permet pas de s’installer au Québec.

Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) fonctionne par déclaration d’intérêt : le ministère classe les profils et invite les meilleurs. Ses quatre volets n’exigent pas le même français :

  • Volet 1, haute qualification : français de niveau 7 à l’oral et 5 à l’écritSource : Québec.ca, un an d’expérience.
  • Volet 2, compétences intermédiaires et manuelles : niveau 5 à l’oral, deux ans d’expérience dont un au Québec.
  • Volet 3, professions réglementées : niveau 7 ou 5 selon le métier, avec l’autorisation de l’ordre professionnel.
  • Volet 4, talents d’exception : pas d’exigence de français, mais trois ans de réalisations reconnues dans les cinq dernières années.

Dans les volets 1 à 3, le conjoint qui vous accompagne doit justifier d’un français oral de niveau 4. Tous les candidats signent un contrat d’autonomie financière couvrant leurs trois premiers mois au Québec.

Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), supprimé le 19 novembre 2025, a été réactivé pour deux ans le 2 juillet 2026Source : Québec.ca. Mais il ne s’ouvre qu’aux personnes qui remplissaient déjà les conditions au 19 novembre 2025 : diplômés d’un programme québécois admissible, ou travailleurs comptant deux ans d’expérience au Québec dans un emploi FEER 0 à 3, qui vivent au Québec et y occupent toujours un tel emploi. Il faut un français oral de niveau 7, plus un niveau 5 à l’écrit pour les diplômés. La première période de dépôt se termine le 31 octobre 2026Source : Québec.ca ; d’autres pourront ouvrir selon le nombre de demandes reçues.

Si vous hésitez encore entre le Québec et une autre province, le guide pour choisir sa province compare le coût de la vie et les démarches. Une fois la voie choisie, passez à la checklist pour préparer son départ : elle vous mène de la demande de permis à votre première semaine sur place.

Questions fréquentes

L’AVE permet-elle de travailler au Canada ?

Non. L’AVE est une autorisation de voyage pour les visiteurs ; elle ne permet ni de travailler ni d’étudier plus de six mois. Il faut un permis de travail ou la résidence permanente.

Mon conjoint peut-il travailler si j’obtiens un permis ?

Pas toujours. Depuis le 21 janvier 2025, cela dépend du niveau de votre emploi et de la durée qui reste sur votre permis. En PVT, chacun doit être tiré au sort de son côté.

Y a-t-il une limite d’âge pour immigrer au Canada ?

Seulement pour le PVT et Jeunes professionnels (35 ans inclus). Entrée express et le PSTQ n’ont pas de limite, mais l’âge rapporte moins de points après 30 ans environ.

Peut-on passer du PVT à la résidence permanente ?

Oui, c’est fréquent. Un an d’expérience qualifiée à temps plein au Canada permet de viser la catégorie de l’expérience canadienne dans Entrée express, ou le PSTQ au Québec.

Faut-il passer par un consultant en immigration ?

Ce n’est pas obligatoire : les demandes se font en ligne sur le site d’IRCC. Si vous vous faites aider, choisissez un consultant réglementé (CRCIC) ou un avocat ; pour un dossier québécois, le consultant doit aussi être reconnu par le Québec.

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Sources officielles (9)

  1. Expérience internationale Canada : au sujet du programme (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  2. Mobilité francophone : admissibilité (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  3. Entrée express (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  4. Entrée express : preuve de fonds suffisants (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  5. Programme de sélection des travailleurs qualifiés : exigences (Gouvernement du Québec)
  6. Réouverture du Programme de l’expérience québécoise (Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration)
  7. Permis d’études : preuve de ressources financières (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  8. Permis de travail ouverts pour les membres de la famille de travailleurs étrangers : admissibilité (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)
  9. Présenter une demande dans le cadre du PEQ (Gouvernement du Québec)